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Sylvain Joffraud l4w
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RAM d’un NAS de 2011 : dmidecode dément la fiche commerciale

Mon vieux ReadyNAS RNDU2000 (Intel Atom D425, reconverti sous Debian + OMV) commençait à étouffer avec son giga de RAM : un conteneur Gitea de DR dessus, et surtout du LUKS dont l’argon2 par défaut fait thrasher le swap sur une cible à 1 Go. Décision : doubler la RAM.

Première recherche, première contradiction.

Le faux « non extensible »

La fiche commerciale — et même mes propres notes d’il y a quelques mois — disaient :

RAM : 1 Go DDR3 (non extensible)

Deux affirmations, deux erreurs. Plutôt que de faire confiance à une fiche de 2011, j’ai demandé au firmware lui-même :

$ sudo dmidecode -t memory
  Maximum Capacity: 2 GB
  Number Of Devices: 1
  ...
  Size: 1024 MB
  Form Factor: SODIMM
  Type: DDR2
  Speed: 800 MT/s

Verdict :

« Non extensible » voulait dire « livré au minimum, et on n’en parle pas ». En réalité : un slot, une barrette DDR2-800 de 2 Go, et on est au maximum.

Diagnostic

La règle que je retiens : sur du vieux matériel, dmidecode -t memory est la source de vérité, pas la fiche produit ni les forums. Trois champs suffisent à décider d’un upgrade :

ChampCe qu’il dit
Maximum Capacityle plafond du chipset (ici 2 Go)
Number Of Devicesle nombre de slots physiques (ici 1)
Type + Speedla barrette exacte à acheter (DDR2, 800 MT/s)

Si Maximum Capacity > la RAM installée et qu’un slot est libre ou sous-peuplé, l’upgrade est possible — quoi qu’en dise le marketing.

Solution

1. Acheter la bonne barrette

Type: DDR2 + Speed: 800 MT/s → une SODIMM DDR2-800 (PC2-6400) de 2 Go. Sur ce type de chipset Atom, pas besoin de chercher du low-voltage ni une marque précise ; n’importe quelle DDR2-800 SODIMM 2 Go compatible JEDEC fait l’affaire. (Et oui, ça se trouve encore, neuf ou reconditionné, pour quelques euros.)

2. Swap physique + le piège du reboot headless

Barrette remplacée, on rallume… et le NAS ne revient pas sur le réseau. Pas de panique : un changement de taille mémoire déclenche un halt BIOS classique sur une machine sans écran :

Press F1 to resume, F2 to enter SETUP

Le NAS est headless, dans un placard. Le BIOS attend une touche qui ne viendra jamais. La porte d’entrée, c’est la console série — et sur ce modèle, F1 se tape en série avec ESC O P :

printf '\033OP' > /dev/ttyUSB0

(Tout le détail du câblage, du baud et des séquences est dans l’article dédié : Console série « morte » : c’était la RAM, pas l’UART. Au passage, ce même article raconte comment une barrette incompatible empêchait carrément le POST — donc rien sur la série non plus. La compatibilité de la RAM se paie cash.)

3. Valider

Le boot reprend, SSH revient :

$ free -h
              total  used  free
Mem:           1.9Gi ...           # ~1.9 Gi vus (le reste réservé firmware)

$ sudo dmidecode -t memory | grep -E 'Size:|Maximum'
  Maximum Capacity: 2 GB
  Size: 2 GB

Le conteneur Gitea respire, le swap ne thrashe plus au montage LUKS. Objectif atteint, et on est au plafond matériel : la prochaine étape d’upgrade, ce serait un autre NAS.

Pourquoi se fier au firmware plutôt qu’à la fiche

Les fiches commerciales d’il y a quinze ans optimisaient pour la simplicité de vente, pas pour l’exactitude technique : « non extensible » évite les retours SAV de gens qui ouvrent la machine. Les forums, eux, mélangent les révisions (un même nom de modèle peut cacher du DDR2 ou du DDR3 selon l’année). dmidecode lit la table SMBIOS écrite par le BIOS de votre carte précise : c’est la seule source qui décrit le matériel que vous avez réellement entre les mains.

Lessons learned

Questions fréquentes

Comment connaître le type, la vitesse et le maximum de RAM supporté par une carte mère sous Linux ?
sudo dmidecode -t memory donne la vérité du firmware : Maximum Capacity (plafond du chipset), Number Of Devices (nombre de slots), et pour chaque module Type (DDR2/DDR3…), Size et Speed (ex. 800 MT/s = PC2-6400). C’est plus fiable que les fiches commerciales ou les forums, qui se trompent souvent sur les vieilles machines.
« RAM non extensible » sur la fiche d’un NAS, c’est vrai ?
Souvent non. « Non extensible » veut parfois dire « livré soudé au maximum d’usine », mais beaucoup de NAS x86 ont en réalité un slot SODIMM standard accessible. Vérifiez Maximum Capacity et Number Of Devices via dmidecode -t memory : si le plafond est supérieur à la quantité installée et qu’il y a un slot, vous pouvez upgrader.
Quelle RAM pour un ReadyNAS RNDU2000 (Intel Atom D425) ?
Un seul slot SODIMM, type DDR2-800 (PC2-6400), plafond chipset 2 Go. Pas du DDR3 contrairement à ce que disent certaines fiches. Une barrette SODIMM DDR2-800 2 Go porte la machine à son maximum ; inutile de chercher plus gros, le chipset ne l’adressera pas.
Pourquoi mon NAS headless ne redémarre pas après un changement de RAM ?
Beaucoup de BIOS haltent sur Press F1 to resume quand la taille mémoire change, et attendent une touche indéfiniment. Sans écran, il faut répondre via la console série (F1 = ESC O P, soit printf '\033OP' > /dev/ttyUSB0). Détails dans l’article sur la console série du même NAS.

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