Après une journée de tentatives pour faire booter Debian sur mon vieux NAS Netgear, je tente l’option physique : sortir le module flash interne qui contient le bootloader propriétaire.
D’après les forums sur des modèles voisins (ReadyNAS Pro, RN424), le flash est typiquement un petit module daughterboard branché sur un header USB 9-pin, fixé par une vis Phillips. On peut le retirer en 30 secondes : la clé USB externe devient alors le seul USB Hard Disk → boot direct sur Debian.
J’ouvre mon ReadyNAS Ultra 2. Je cherche partout :
- Sous la plaque métallique des baies disques : rien
- Près du dissipateur CPU : rien
- Sur le PCB du panneau frontal : rien
- Sur le PCB des USB arrière : rien
Puis, en zoomant sur le panneau frontal de la carte mère (à côté du port USB-A), je trouve mon coupable :
Un chip noir SMD avec inscription H27U1G8F2BTR = NAND Hynix 1 Gbit (128 Mo). C’est exactement la taille du « flash interne » rapporté par le BIOS (SMI USB DISK, 122 Mo).
Soudé directement sur la carte mère. Pas de connecteur. Pas amovible sans dessoudage à chaud (BGA ou TSOP, technique délicate, risque de brick total).
Sur les modèles similaires (RNDP2, RN424), le flash est un module daughterboard amovible. Mais sur mon RNDU2000 (avec Atom D405, variante low-cost), Netgear a intégré le flash directement sur la carte. Économie de coûts de production = piège pour quiconque veut migrer.
Solutions possibles depuis cette découverte
- Reflasher le contenu du chip via le firmware Netgear officiel → restaurer un bootloader fonctionnel → modifier syslinux pour chainload SATA. Possible.
- Désouder le chip et le remplacer/désactiver. Risque ≈ ruiner la carte.
- Couper la piste d’alimentation du contrôleur USB qui parle au flash. Très risqué.
- Accepter le boot via flash et juste le configurer pour chainload via syslinux LOCALBOOT 0x80. Logique = embrace the constraint.
J’ai opté pour 4 : reflasher l’image RAIDiator officielle, accéder au shell BusyBox, ajouter LOCALBOOT 0x80 dans syslinux.cfg du flash. Le flash bootera toujours en premier, mais en 50ms il rendra la main au BIOS qui chargera GRUB depuis le SATA.
Lessons learned
- Vérifier le format du flash interne avant d’acheter un NAS qu’on prévoit de Linux-iser. Module amovible >> chip soudé.
- Le coût de production prime souvent sur l’ouverture matérielle. Une variante low-cost peut avoir des composants plus restrictifs que le modèle haut de gamme de la même série.
- Embrace the constraint : quand on ne peut pas retirer le bootloader, on l’utilise comme tremplin via chainload (
LOCALBOOTsyslinux,chainloaderGRUB). - Photo du PCB avant manipulation = précieux pour identifier les composants après coup. Une photo macro du panneau frontal m’aurait économisé 1h.